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PREMIÈRE PARTIE
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Joseph Langlois est le sixième des dix enfants (treize selon
le recensement de Moisie en 1881) de Fabien Langlois et d'Élizabeth
Crotty. Canadien français par son père, Joseph est d'origine
irlandaise par sa mère. En effet, le père d'Élizabeth,
Michel Crotty, est né à Waterford en Irlande; sa mère,
Angélique Riffault, est né en Gaspésie.
Joseph est né le 18 mars 1864, à Sheldrake, petit village
de la Côte Nord. Il n'y avait pas de prêtre à Sheldrake
à cette époque; il fut donc baptisé quelques
mois plus tard par l'ébbé Perron, missionnaire résidant
à Havre-St-Pierre. C'est dans les registres de cette paroisse que
la naissance de Joseph est enregistrée.
Voir Tourrisme
Côte Nord , section Villes et Villages, lettre 's' , pour une
photo de Sheldrake ainsi qu'une courte description de l'endroit
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Son père possédait un établissement de pêche
qu'on appelle une grave. Il initia son fils au métier de pêcheur
et lui apprit à aimer la mer. À l'âge de dix-sept ans,
Joseph quitte la maison paternelle pour aller gagner sa vie ailleurs. Il
s'engagea, pour un été, sur la goélette de David Boulianne
de Baie-Ste-Catherine. C'est ainsi que commença son apprentissage
de marin, métier qu'il pratiquera tout au long de sa vie. Pendant
deux ans, il travailla à Tadoussac sur les goélettes des
Bourgouin, avec le capitaine Caron. Pendant ce temps, comme les revenus
de pêche ne suffisait plus à nourrir la famille, ses parents
quittèrent Sheldrake pour Rivière Pentecôte. Ils y
passeront plusieurs années pour enfin s'établir à
St-Étienne. C'est là, pendant un séjour qu'il faisait
chez ses parents, que Joseph fit la connaissance de la jeune Elmire Bergeron
(ma grand-mère) qui deviendra sa femme. Ils se marièrent
le 15 novembre 1886. Trois de leurs enfants naquirent à St-Étienne:
Marie-Jeanne (Jane), née le 4 août 1888, Elizabeth (Lizzie)
en 1889 et Absolon en 1891. En 1892, il déménagea avec sa
femme à Chicoutimi où 7 autres enfants viendront compléter
la famille. Il s'agit de Juliette, née en 1893, d'Irma (ma mère)
en 1895, d'Elva en 1898, de Marie-Anne en 1900 de Georges en 1903 , d'Uldéric
en 1908 et d'Émile en 1910.
Sa connaissance de deux langues, le français et l'anglais,
contribua, sans aucun doute, à son embauche comme capitaine de bateau
par la Compagnie Price Brothers. Tout d'abord sur le Marie-Louise et sur
le Calandia, ensuite sur le Poyt, le fameux bateau noir des Price, puis
sur le Kénogami et sur le Forrest Bell et enfin, pendant trois ans,
sur le petit William.
Pour les derniers vingt-six ans de sa carrière, il fut assistant
puis maître de port de mer; à Chicoutimi pendant onze
ans et à Port-Alfred pendant quinze ans. Il ne fut jamais capitaine
au long court, mais il navigua de Chicoutimi à Québec. En
été, il travaillait sur les bateaux, et en hiver, dans les
bois comme bûcheron. Il prit sa retraite vers l'âge de 65 ans,
quelques années avant le décès de sa femme en 1931.
Dès lors, il demeura seul avec ses deux fils, Uldéric et
Émile. Uldéric se maria en 1939; son épouse et lui
habitèrent la maison paternelle avec Joseph. En 1934 et en 1935,
il fit deux longs séjours chex sa fille Elva à Clova, petit
village forestier en Abitibi. Il adorait cet endroit. Les lacs, les rivières,
la forêt et la coupe de bois éveillèrent en lui bien
des souvenirs.
Quand il était chez-lui, il trouvait toujours des choses à
faire. Soit qu'il exécutait quelques réparations dans la
maison, soit qu'il travaillait dans le jardin. Ce qu'il préférait
le plus, c`était surtout son atelier de bois au sous-sol de sa demeure.
Il s'y enfermait seul pendant des heures. Il y construisit une maquette
de la goélette sur laquelle il avait navigué, un vrai petit
bijou! Dans ses moments de repos, il s'installait, bien droit, dans sa
chaise berceuse près de la fenêtre de la cuisine pour y fumer
une bonne pipée tout en regardant, à l'aide de jumelles,
les bateaux accoster au port de Chicoutimi.
Les trois dernières années de sa vie furent très
difficiles pour lui et sa famille. Il souffrait d'un cancer du foie. Il
s'éteignit dans sa demeure à Chicoutimi, le 23 octobre 1943,
à l'âge de soixante-dix-neuf ans, laissant derrière
lui une descendance nombreuse: dix enfants, cinquante-deux petits-enfants
et plus d'une centaine d'arrières petits-enfants qui ont vécu
et qui vivent encore au Québec. Quelques-uns d'entre eux sont maintenant
aux États-Unis.
La Tuque, le 14 juin 1999
Béatrice Cyr
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